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Notre voyage s’est prolongé par deux jours au Cambodge, sur le site d’Angkor.
A notre arrivée à l’aéroport de Siem Reap, l’auberge que nous avions réservée nous avait envoyé un tuk-tuk, et nous n’avons ainsi pas mis les pieds dans une voiture de tout notre séjour – nous avons loué les services de « 2027 » pour nous accompagner tout au long de notre visite.
La première journée sur le site d’Angkor (287 temples) a débuté tôt, puisque afin de pouvoir profiter du lever de soleil, nous entrions sur le site à 5h (le soleil se lève et se couche tôt en Asie). Malheureusement, le ciel était nuageux et le lever de soleil pas aussi impressionnant qu’attendu ; mais cela nous a permis de visiter Angkor Wat presque seuls, et c’est un privilège qui appartient à ceux qui se lèvent tôt seulement…
Angkor Wat, dont la construction, au XIIème siècle, a duré 37 ans, est dédié à Vishnou. De par ses enceintes, ses douves, ses tours et sa tour centrale (qui représente le Mont Meru, centre de l’univers selon les Hindous), fait penser à un château fort. Il s’agit d’un immense temple de pierres taillées dans le moindre détail, comme en témoignent les bas-reliefs des galeries intérieures (200m de long) extrêmement bien conservés. Le temple se dresse au milieu d’une forêt, et nous avons pu observer des singes, à qui le temple appartient avant que les touristes ne l’envahissent. Nous sommes restés quelques heures et, vue l’heure matinale, nous avons décidé de prendre le chemin du « petit circuit » pour cette première journée.
Nous sommes donc partis, sur notre Tuk-tuk, pour Angkor Thom, temple accessible au nord et au sud par des ponts bordés de 54 statues de géants (bienveillants d’un côté du pont, démoniaques de l’autre) soutenant un naga (serpent sacré à 7 têtes), et par des portes de 23m de haut, surplombées par des têtes sculptées à 4 visages (4 expressions différentes : la sympathie, la pitié, l’humeur égale, l’égalité). La tour centrale d’Angkor Thom, le Bayon, date du XIIème siècle, et des 54 tours initiales du temple, il en reste aujourd’hui 37, chacune représentant 4 visages de Buddha à l’expression différente selon le point cardinal.
Nous avons ensuite continué notre route vers des temples montagnes, c'est-à-dire qu’il faut de bonnes jambes (et pas le vertige) pour les escalader. Au passage, nous sommes aussi passés sur une esplanade immense – la terrasse des éléphants, soutenue par des dizaines de statues d’éléphants, toutes ayant plus ou moins bien résisté à l’attaque du temps et des intempéries.
Plus loin, après (enfin) une pause déjeuner, nous avons visité l’un des plus jolis temples, qui est, paradoxalement aussi, l’un des plus envahi par la nature. Ta Phrom, qui est toutefois très bien conservé, a progressivement laissé s’installer d’imposants fromagers (des arbres, je précise), dont les racines se mêlent aux pierres du temple.
Puis, après quelques autres temples, nous avons repris la route en direction de Phnom Bakhèng, un temple montagne situé à l’Ouest des circuits, entre Angkor Wat et Angkor Thom, accessible par dos d’éléphant ou à pied, par un chemin sinueux, et qui offre un excellent point de vue pour le coucher de soleil. Malheureusement, encore une fois, en raison des nuages, ce dernier n’a pas été exceptionnel.
Nous avons donc quitté le site et rejoint, cette fois, notre super hôtel, où nous avons pu apprécié le Spa, la piscine, et le confort de notre superbe chambre, pour nous détendre après une journée bien remplie.
Nous avons décidé de nous contenter d'un départ à 8h pour cette deuxième journée sur le site d’Angkor, afin de ne pas s'épuiser. C'est donc après un bain matinal dans la piscine d'eau salée, et un petit déjeuner plus que copieux, que notre fidèle chauffeur de tuk-tuk est venu nous chercher, pour se diriger, cette fois, vers le « Grand Tour ». Preah Khan, un immense temple, au cœur d’une cité disparue de 50 hectares, et qui abritait un monastère, une université bouddhique, etc. et dans laquelle vivaient une centaine de milliers de personnes. C’est impressionnant aujourd’hui d’imaginer autant d’organisation autour de murs désormais envahis par la végétation, à l’image de Ta Phrom, que nous avions visité la veille. Là encore, les bas-reliefs étaient magnifiques et parfois presque intacts. L’atmosphère de ce temple m’a beaucoup marquée, certainement parce que l’on ressent qu’il a été un lieu de vie important.
Puis nous avons continué notre route en tuk-tuk, jusqu’au bassin de Neak Pean, qui est un réservoir d’eau entouré de déversoirs, qui acheminaient l’eau vers des bassins annexes, avec pour embouchures de magnifiques sculptures, bien souvent en tête d’éléphant. Etant donné le faible niveau d’eau, nous avons pu descendre admirer les déversoirs, dont certains sont très bien conservés.
Après une petite balade autour de ces bassins, nous nous sommes dirigés vers Ta Som, un autre temple au beau milieu de la forêt, surplombé d’une tour à visages expressifs, et dont l’entrée Ouest est prise aux pièges d’un imposant banian.
La visite du Mébon Oriental, temple du Xème siècle, et construit en partie avec des briques, lui a succédé.
Puis, au vu de l’avancée de nos visites, nous avons décidé, avec 2027, de partir à l’aventure, vers l’extérieur du parcours des temples, pour rejoindre d’autres temples plus isolés, mais tout aussi impressionnants. Nous avons donc pris la route, à travers les plantations et les villages, et ces 25 kilomètres ont été un peu comme une révélation pour moi – j’ai vraiment eu l’impression d’un choc culturel… doubler ces enfants qui pédalaient sur des vélos trois fois plus grands qu’eux, des cales sous les pieds et assis sur des planches, qui allaient à l’école ou qui aidaient dans les champs ; passer ces villages où les gens travaillaient, cuisinaient, ou vendaient, a été quelque chose de très nouveau pour moi, de très marquant aussi.
Nous sommes ainsi arrivés à Banteay Srei, et le chemin que nous avions parcouru a pris sens – et on a aussi réalisé pourquoi Malraux, dans sa jeunesse, s’était fait épingler en essayant d’en dérober les bas reliefs ;-) Le temple, très rose et plein de reflets de la couleur du grès, qui est baptisé « la citadelle des femmes », est entièrement sculpté, et très bien conservé. Il a vraiment été un de mes temples préférés, peut être aussi de par l’hommage qu’il représente pour les femmes… A la sortie du temple, alors que j’étais assise sur une pierre, plongée dans la lecture de mon guide, des enfants, comme souvent, sont venus m’aborder pour me vendre des bracelets, des étoles, etc. et une petite fille, avec qui j’ai parlé pendant un petit moment (dans un Anglais parfait), m’a vraiment touchée… L’habileté de ces enfants, leur maturité, m’ont vraiment émue, et eux semblaient ravis de pouvoir parler, et plaisanter avec nous .
Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à Banteay Samrè, un Angkor Wat miniature, une fois de plus (et son surnom ne lui est pas attribué par hasard), bluffant.
Nous avons ensuite repris la direction du vrai Angkor Wat, parce qu’on ne s’en lassait pas, et que nous voulions à nouveau tenter notre chance pour le coucher de soleil qui, malheureusement n’était pas exceptionnel. Enfin, après toutes des merveilles, nous en avions déjà plein les yeux !!
Nous avons donc, à la tombée de la nuit, rejoint Siem Reap, puis 2027 nous a raccompagnés à l’aéroport, comme il était venu nous chercher au début de notre fabuleux séjour à Angkor.
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